Madagascar : Bras de fer avec le FMI autour du déblocage de 183 millions de dollars

Le Fonds monétaire international a repoussé le décaissement de 183 millions de dollars prévu le mois dernier en faveur de Madagascar. En cause : le gel des prix du carburant à la pompe décidé en avril par les autorités malgaches, une mesure jugée contraire aux exigences de rigueur budgétaire fixées par l’institution.

Depuis fin 2024, un mécanisme d’ajustement automatique permettait au prix du litre d’essence de fluctuer chaque mois en fonction des cours mondiaux, dans une limite de 200 ariary à la hausse comme à la baisse. Face à la crise au Moyen-Orient, le gouvernement malgache a suspendu ce dispositif en avril, préférant subventionner directement les sociétés pétrolières pour protéger le consommateur.

Le ministre de l’Économie et des Finances, Herinjatovo Ramiarison, a défendu ce choix mercredi devant la presse locale. « Ce n’est pas le moment d’augmenter le prix du carburant, car cela va engendrer de l’inflation. Madagascar ne supportera pas une nouvelle crise sociale ou politique avec un impact à long terme », a-t-il déclaré.

Pour convaincre le FMI, le gouvernement met en avant d’autres leviers pour équilibrer ses finances publiques, notamment le renforcement de l’assiette fiscale et la lutte contre la corruption. Selon le ministre, les recettes issues des contrôles fiscaux dans les entreprises ont « presque doublé au premier semestre 2026 par rapport à la même période l’année dernière ». « C’est un effort de longue haleine : les acteurs de la corruption ne sont pas des petits poissons, mais des gens influents », a-t-il reconnu.

Les autorités malgaches ont confirmé le maintien du gel des prix à la pompe jusqu’à la fin de l’année. Elles espèrent néanmoins convaincre le FMI d’examiner leur dossier lors d’une réunion prévue fin août. Les 183 millions de dollars, non encore versés, sont déjà inscrits dans les prévisions budgétaires nationales.

Leave A Comment