AIDS 2026 : Les progrès contre le VIH menacés par une chute brutale des financements en Afrique
- redacteur3.0
- juillet 31, 2026
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La 26e Conférence internationale sur le sida s’est achevée vendredi 31 juillet à Rio de Janeiro. Si de nouveaux outils de prévention suscitent de l’espoir, la baisse de 18% des financements internationaux contre le VIH en 2025 contraint déjà plusieurs pays africains à réduire leurs programmes de prévention, mettant en péril des acquis fragiles.
Selon l’ONUSIDA, malgré une augmentation des dépenses nationales dans certains pays, les ressources totales disponibles pour la riposte ont reculé d’environ 6% en 2025. « C’est une baisse très sévère », a déclaré Mary Mahy, directrice de l’équipe chargée des données à l’ONUSIDA, tout en saluant l’effort de certains pays comme l’Éthiopie et l’Ouganda, qui ont su accroître l’accès à la prophylaxie préexposition (PrEP). Mais pour de nombreux États africains, qui consacrent jusqu’à cinq fois plus au remboursement de leur dette qu’à leur budget de santé, absorber ces coûts reste hors de portée.
Face à ces contraintes, les pays ont concentré les ressources disponibles sur le maintien des traitements antirétroviraux, passant de 31 à 32 millions de patients traités dans le monde entre 2024 et 2025. Mais ce choix s’est fait au détriment de la prévention. Selon une enquête menée auprès de partenaires du programme américain PEPFAR dans 46 pays, 43% des organisations proposant des actions de prévention ont définitivement arrêté ces services, et 1 714 points de prestation ont fermé. Au Nigeria, au Cameroun et en Zambie, l’accès à la PrEP a chuté de plus de moitié.
« Le risque principal, c’est de mettre de côté la prévention et les populations les plus vulnérables face au VIH », a averti Alexandra Calmy, professeure en maladies infectieuses aux Hôpitaux universitaires de Genève, présente à Rio. Les populations les plus exposées, travailleurs du sexe, hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, personnes transgenres ou usagers de drogues, sont celles qui hésitent à fréquenter les structures de santé classiques par crainte de la stigmatisation. La fermeture des services communautaires les rend encore plus vulnérables.
La situation des enfants vivant avec le VIH reste également préoccupante. Selon l’ONUSIDA, seulement 55% d’entre eux reçoivent un traitement, contre 78% des adultes.
Sur le plan scientifique, la conférence a toutefois offert des motifs d’espoir. Après le lenacapavir, une injection protégeant contre le VIH pendant six mois, le laboratoire Merck a présenté des résultats encourageants pour une nouvelle molécule, l’alimatravir, qui pourrait être prise sous forme de pilule mensuelle. Une phase 3 d’essais cliniques doit encore confirmer son efficacité avant une fabrication espérée à partir de 2027. Cette option pourrait notamment offrir davantage d’autonomie aux adolescentes et aux jeunes femmes dans les contextes où elles ne peuvent pas toujours imposer l’usage du préservatif.

