Nigeria : Google, Meta, X et des plateformes d’IA dans le viseur des autorités

Les autorités nigérianes ont lancé une enquête visant plusieurs grandes entreprises du numérique, notamment Google, Meta, X ainsi que des plateformes d’intelligence artificielle générative. Cette initiative fait suite aux plaintes des médias locaux, qui dénoncent des pratiques susceptibles de menacer leur modèle économique et de fausser la concurrence.

L’ouverture de cette procédure intervient après une directive du président Bola Tinubu, consécutive à une pétition déposée par l’Organisation de la presse nigériane (NPO). Les éditeurs accusent plusieurs géants de la technologie d’exploiter leurs contenus journalistiques sans autorisation ni compensation financière, tout en réduisant leurs opportunités de revenus.

Chargée du dossier, la Commission fédérale de la concurrence et de la protection des consommateurs (FCCPC) devra déterminer si les entreprises concernées ont enfreint les règles de concurrence. Son directeur a indiqué que l’objectif de l’enquête est de garantir un environnement numérique équitable et transparent pour tous les acteurs.

Au cœur des accusations figurent également l’utilisation présumée d’articles de presse pour entraîner des modèles d’intelligence artificielle, sans qu’un cadre commercial ou une rémunération adéquate ne soit mis en place au profit des médias.

Ce n’est pas la première fois que les autorités nigérianes s’opposent aux grandes plateformes technologiques. En 2025, Meta avait déjà écopé d’une amende de 220 millions de dollars pour de présumées violations des règles nationales en matière de concurrence et de protection des consommateurs. Le groupe avait contesté cette sanction.

Le Nigeria n’est d’ailleurs pas un cas isolé sur le continent. En Afrique du Sud, l’autorité de la concurrence avait conclu que les algorithmes de Google favorisaient les médias internationaux au détriment des titres locaux. Cette procédure s’était soldée, fin 2025, par un accord de près de 40 millions de dollars entre Google, YouTube et le régulateur sud-africain.

À travers cette nouvelle enquête, Abuja entend renforcer la protection des médias nationaux face à la montée en puissance des plateformes numériques et de l’intelligence artificielle, tout en veillant au respect des règles de concurrence.

Leave A Comment