Afrique du Sud : Le Nigeria dénonce la mort de deux de ses ressortissants

Le Nigeria a condamné la mort de deux de ses ressortissants en Afrique du Sud, dans un contexte marqué par une recrudescence des tensions contre les migrants. Dans un communiqué publié dimanche, Abuja affirme que les deux hommes ont été tués le 28 juin et réclame que toute la lumière soit faite sur ces drames.

Selon les autorités nigérianes, Emeka Charles Iroegbu serait mort après avoir été torturé par des policiers de la métropole de Tshwane, près de Pretoria. Le même jour, Musa Yunana Joe aurait été abattu par des hommes armés devant son commerce à Witbank, dans la province du Mpumalanga.

La ministre nigériane des Affaires étrangères, Bianca Odumegwu-Ojukwu, a indiqué que « toutes les options restent sur la table » pour obtenir des explications et d’éventuelles réparations. Elle a également appelé les Nigérians qui se sentent menacés à profiter des vols de rapatriement organisés par le gouvernement, dont un dernier départ est prévu le 10 juillet.

En réponse, Pretoria a rejeté toute idée de compensation. La ministre sud-africaine à la Présidence, Khumbudzo Ntshavheni, a notamment déclaré que les autorités souhaitaient identifier les « repaires des trafiquants de drogue nigérians » afin de les démanteler. Des propos vivement dénoncés par Abuja, qui les qualifie de « discours haineux » et de déclarations « outrancières et non professionnelles ».

Cette nouvelle passe d’armes diplomatique intervient alors que l’Afrique du Sud est secouée depuis plusieurs semaines par une campagne hostile aux migrants. Le secrétaire général de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), Wamkele Mene, a estimé que ces attaques sont incompatibles avec les valeurs du panafricanisme et menacent les efforts d’intégration du continent.

L’Afrique du Sud a déjà connu plusieurs épisodes de violences xénophobes ces vingt dernières années, ayant fait des dizaines de victimes et provoqué le déplacement de milliers de personnes.

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