Infrastructures publiques : Le Sénégal débloque 279 milliards FCFA d’actifs dormants

Le gouvernement sénégalais a dressé un constat sévère sur la gestion des infrastructures publiques. Réuni à Dakar le jeudi 21 mai 2026, le Conseil interministériel consacré aux grands chantiers de l’État, présidé par le Premier ministre Ousmane Sonko, a révélé l’existence de 279 milliards FCFA d’investissements publics non valorisés.

Ces actifs correspondent à des infrastructures déjà achevées mais jamais mises en service, auxquelles s’ajoutent 62 projets actuellement à l’arrêt sur l’ensemble du territoire national du Sénégal. Les secteurs concernés incluent la santé, l’enseignement supérieur, les transports et les équipements sportifs.

 Des blocages structurels dans la chaîne d’exécution des projets

Selon les données présentées en Conseil, les dysfonctionnements relèvent autant de contraintes administratives que de problèmes de coordination entre les acteurs publics.

Les infrastructures concernées couvrent des projets stratégiques tels que les universités régionales, les hôpitaux, les aéroports secondaires ainsi que plusieurs équipements socio-culturels.

Cette situation, qualifiée de « gaspillage d’investissements publics », met en évidence un enjeu majeur : transformer les dépenses engagées en services effectivement accessibles aux populations.

Un plan de relance articulé autour de 11 mesures prioritaires

Pour inverser la tendance, l’exécutif a annoncé un dispositif structuré autour de onze mesures clés visant à accélérer la mise en service des projets et à relancer le secteur du BTP.

 Création d’une task force de suivi

Une cellule spéciale, placée sous l’autorité du Premier ministre, assurera un suivi hebdomadaire des chantiers afin de réduire les délais de décision et lever les blocages techniques.

 Plan de relance opérationnel

Une feuille de route globale devra être finalisée d’ici le 30 juin 2026, avec des objectifs précis de livraison et de mise en service.

Priorité aux infrastructures sociales

Les Maisons de la Jeunesse et de la Citoyenneté de plusieurs localités, notamment Mbour, Kaolack et Tambacounda, devront être opérationnelles au plus tard le 30 novembre 2026.

Relance des projets structurants

Parmi les chantiers prioritaires figurent :

  • l’Université du Sine-Saloum
  • le centre hospitalier Aristide Le Dantec
  • plusieurs aéroports régionaux

Optimisation du patrimoine public

Le gouvernement prévoit également une meilleure gestion des infrastructures existantes, incluant les stades, les parcs nationaux et certains actifs à l’étranger, afin d’améliorer leur rentabilité économique.

Vers une nouvelle gouvernance des investissements publics

Au-delà de la simple reprise des chantiers, cette stratégie vise à renforcer la gouvernance des projets publics et à améliorer l’efficacité de la dépense publique.

L’ambition affichée est de transformer les infrastructures inactives en leviers de croissance, dans un contexte où les autorités entendent accélérer la transformation économique du pays et répondre aux fortes attentes sociales.

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