Ebola en RDC : L’épidémie atteint Goma 

La République démocratique du Congo est confrontée à une nouvelle flambée d’Ebola qui inquiète désormais la communauté internationale. Après plusieurs semaines de propagation silencieuse dans l’est du pays, l’épidémie a atteint Goma, grande ville frontalière du Rwanda, provoquant une réaction immédiate de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Le dimanche 17 mai, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a déclaré cette crise « urgence de santé publique de portée internationale », le niveau d’alerte sanitaire le plus élevé au monde.

Une transmission partie de Bunia avant de gagner Mongbwalu

Selon les premières investigations sanitaires relayées par RFI, l’origine de l’épidémie remonte au 24 avril à Bunia, dans la province de l’Ituri. Un infirmier présentant de fortes fièvres, des vomissements et un malaise généralisé est décédé trois jours plus tard.

Dans cette région marquée par l’insécurité et les croyances traditionnelles, les premiers décès ont été interprétés comme des phénomènes mystiques. Les cérémonies funéraires organisées autour des victimes ont accéléré la contamination.

Le corps de l’infirmier a ensuite été transféré à Mongbwalu, cité minière située à environ 80 kilomètres de Bunia. Les contacts physiques lors des obsèques auraient favorisé une propagation rapide du virus au sein des familles et des communautés locales.

Une souche rare sans vaccin homologué

Les analyses réalisées par l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) ont confirmé la présence de la souche Bundibugyo d’Ebola, une variante rare identifiée seulement à trois reprises dans l’histoire.

Contrairement à la souche Zaïre, cette variante ne dispose ni de vaccin homologué ni de traitement spécifique reconnu. Pour Jean-Jacques Muyembe, les chiffres actuels pourraient être largement sous-estimés.

Les autorités sanitaires évoquent déjà 246 cas suspects et 87 décès, tandis que plusieurs agents de santé figurent parmi les victimes.

Goma sous haute surveillance sanitaire

L’arrivée du virus à Goma ravive les inquiétudes d’une propagation régionale vers l’Ouganda et le Rwanda. Les experts sanitaires pointent notamment le transport des corps comme principal vecteur de contamination.

Face à cette crise, l’OMS, les autorités congolaises et plusieurs organisations humanitaires renforcent les dispositifs d’isolement, de traçage des contacts et d’enterrements sécurisés afin de contenir l’épidémie.

Samuel Richard KAKPO

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