Irak : Une journaliste américaine enlevée à Bagdad
- redacteur3.0
- avril 1, 2026
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Washington a confirmé mardi soir l’enlèvement de Shelly Kittleson, collaboratrice chevronnée du site Al-Monitor. Si l’un des ravisseurs présumés a été capturé après une course-poursuite, la journaliste reste aux mains de ses ravisseurs. L’incident s’est produit dans le centre de Bagdad, plus précisément sur l’avenue Saadoun.
Selon le ministère de l’Intérieur irakien, Shelly Kittleson a été interceptée par des individus non identifiés. Rapidement alertées, les forces de sécurité ont engagé une opération de poursuite qui a mené à l’interception de l’un des véhicules des ravisseurs. Le véhicule s’est renversé durant la fuite, permettant aux autorités d’arrêter un suspect et de saisir une voiture. Cependant, la journaliste aurait été transférée dans un second véhicule qui a réussi à prendre la fuite. Les efforts se poursuivent activement pour localiser les autres complices et obtenir sa libération.
Le département d’État américain a réagi avec fermeté. Dylan Johnson, secrétaire d’État adjoint, a précisé sur le réseau social X que l’individu arrêté a des liens avec les Kataëb Hezbollah, une puissante milice chiite alliée de Téhéran. « Le suspect arrêté est lié à la milice Kataëb Hezbollah, impliquée dans cet enlèvement », a déclaré Dylan Johnson. Washington a également révélé que Shelly Kittleson avait été avertie à plusieurs reprises, y compris la veille de son enlèvement, de menaces spécifiques pesant sur sa sécurité. La journaliste aurait toutefois choisi de poursuivre son travail sur le terrain, fidèle à son engagement de longue date dans la région.
Journaliste indépendante basée à Rome, Shelly Kittleson est une figure respectée de la presse internationale. Elle collabore régulièrement avec Al-Monitor, média de référence sur les dynamiques régionales. Al-Monitor a immédiatement appelé à sa libération « immédiate et inconditionnelle ». Reporters sans frontières (RSF) a exprimé sa vive préoccupation pour cette experte qui « connaissait parfaitement le terrain irakien ». L’International Women’s Media Foundation (IWMF) a souligné son courage et son professionnalisme.
Bien que le nombre d’enlèvements ait diminué ces dernières années en Irak, cet événement rappelle de sombres précédents. Il fait notamment écho à l’affaire d’Elizabeth Tsourkov, une universitaire israélo-russe enlevée en 2023 et libérée seulement l’année dernière après deux ans de captivité. Dans un contexte régional déjà tendu, cet enlèvement marque un nouveau défi pour le gouvernement irakien, coincé entre sa volonté de stabiliser le pays et l’influence persistante de groupes paramilitaires puissants.
Secondine GOZINGAN

