Justice : Tariq Ramadan condamné à 18 ans de réclusion criminelle par contumace

Le verdict est tombé ce mercredi 25 mars à Paris, marquant un tournant définitif dans l’affaire qui secoue la sphère médiatique et religieuse depuis 2017. L’islamologue suisse Tariq Ramadan a été condamné par la cour criminelle de Paris à une peine de 18 ans de réclusion criminelle.

Jugé par défaut et à huis clos, l’accusé a été reconnu coupable de viols et de viol sur personne vulnérable à l’encontre de trois femmes. La présidente de la cour, Corinne Goetzmann, a motivé cette décision en rappelant un principe fondamental du droit : Consentir à la sexualité n’est pas consentir à tout acte sexuel quel qu’il soit.

Outre la peine de prison, la cour a assorti sa décision de mesures strictes : Une obligation de suivi pendant huit ans; Il lui est formellement interdit d’approcher les victimes; Une interdiction de diffuser tout ouvrage ou intervention publique traitant de ces infractions; Une interdiction définitive du territoire français une fois sa peine purgée.

Tariq Ramadan n’était pas présent pour entendre sa condamnation. Absent dès l’ouverture des débats le 2 mars, ses avocats avaient justifié cette défection par une hospitalisation à Genève, liée à une poussée de sclérose en plaques. Malgré cette absence, la justice a maintenu les effets du mandat d’arrêt décerné à son encontre le 6 mars dernier, précisant qu’il est à « exécution immédiate ».

Déjà condamné en Suisse pour des faits similaires, Tariq Ramadan était ici poursuivi pour des agressions commises entre 2009 et 2016 :
Christelle (Lyon, 2009) Un viol aggravé par des violences sur une personne vulnérable.
Henda Ayari (Paris, 2012) : L’ancienne militante laïque dont la plainte en 2017 avait brisé l’omerta sur cette affaire.Une troisième plaignante (2016) : Pour des faits de viol également reconnus par la cour. Bien que l’islamologue ait toujours contesté ces accusations, la cour a estimé que les preuves et les témoignages étaient suffisants pour établir sa culpabilité.

Secondine GOZINGAN

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