Justice internationale: Le Ghana exige justice pour l’esclavage à l’ONU

Ce mercredi 25 mars 2026 marque un tournant historique au siège des Nations unies à New York. Le président ghanéen, John Dramani Mahama, présente une résolution de rupture visant à faire reconnaître la traite transatlantique comme « le crime le plus grave contre l’humanité » et à acter le principe de réparations financières et morales.

Soutenu par l’Union africaine et de nombreux pays du Sud global, le Ghana ne se contente plus d’une simple commémoration. Pour Accra, l’objectif est clair : transformer la reconnaissance mémorielle en actions tangibles. Devant l’Assemblée générale, le président Mahama a martelé l’urgence de ce vote : « Cette résolution est une voie vers la guérison et la justice réparatrice. Elle est une garantie contre l’oubli. »Répondant à ceux qui tentent de relativiser l’esclavage au nom du contexte de l’époque, le dirigeant ghanéen a été d’une fermeté absolue : « L’esclavage est une injustice aujourd’hui, et il l’était déjà à l’époque. »

 Ce que réclame concrètement Accra Samuel Okudzeto Ablakwa, ne reste pas dans l’abstraction. La résolution propose des mécanismes précis pour compenser les siècles de déshumanisation subis par plus de 12,5 millions d’Africains : Restitution systématique des objets culturels pillés.
Investissements massifs dans l’éducation et les infrastructures de développement . Reconnaissance formelle de la traite comme crime contre l’humanité, à l’instar d’autres tragédies historiques ayant déjà donné lieu à des réparations.

Ancien point de départ de millions de déportés vers les Amériques, le Ghana assume aujourd’hui son rôle de pivot moral. Cette offensive diplomatique s’inscrit dans un calendrier symbolique fort : l’Union africaine vient d’ouvrir la décennie 2026-2035 comme « Décennie d’action pour les réparations ». Pour le gouvernement ghanéen, les inégalités systémiques actuelles entre le Nord et le Sud ne sont que les prolongements directs des chaînes d’hier. Le vote attendu dans la journée pourrait redéfinir les relations diplomatiques mondiales pour les décennies à venir.

Secondine GOZINGAN

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